Histoire de La Boîte à joujoux

Histoire d’une boîte à joujoux d’André Hellé © éditions MeMo, 2012

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1913

André Hellé propose à Claude Debussy de composer la musique d’un « ballet pour enfants » en quatre tableaux dont il avait écrit l’argument et qu’il avait illustré de dessins en couleurs. Debussy accepte avec plaisir et s’attelle à la version pour piano. Le musicien se consacre avec enthousiasme à ce projet qu’il dédie à sa fille Claude-Emma, dite « Chouchou », alors âgée de sept ans. Il déclarait même composer en arrachant « des confidences aux poupées de Chouchou ».

Debussy termine la partition piano en octobre. Il est malade et déjà affaibli.

En novembre, le livret de La Boîte à joujoux est publié chez Durand, éditeur de musique parisien.

Debussy s’intéresse à la qualité illustrative du livret et conseille Hellé notamment sur le choix de la couverture en lui suggérant de préférer, aux deux personnages poupée et soldat, le symbole de la rose qui fait basculer l’histoire.

1914

Debussy travaille sur la version orchestrale mais, malade, ne peut la terminer. Il confie à André Caplet, violoniste, compositeur et chef d’orchestre, le soin de l’achever. Il se préoccupe néanmoins du prolongement scénique de cette œuvre alors qu’une création à l’Opéra-Comique est envisagée : il s’interroge notamment sur la capacité des danseurs à traduire l’« apparence » burlesque et « les gestes anguleux de personnages de carton ».

La première guerre mondiale retarde le projet de création et suspend tout projet de diffusion littéraire : La Boîte à joujoux, publiée, ne peut pas être vendue.

1917

André Caplet  termine l’orchestration de la Boîte à joujoux.

1917-1918

La Boîte à joujoux est créée en Russie, sans qu’a priori ni Hellé et ni Debussy en aient connaissance (http://amisdhelle.blogspot.fr/2011_09_01_archive.html).

1918

Debussy meurt le 25 mars.

1919

Chouchou meurt le 14 juillet de diphtérie.

La Boîte à joujoux est créée le 10 décembre au Théâtre lyrique du Vaudeville à Paris sous la direction musicale de Désiré-Émile Inghelbrecht, dans des décors et costumes d’André Hellé, dans une chorégraphie de Robert Quinault.

1921

La Boîte à joujoux entre au répertoire des Ballets suédois. Elle est créée le 15 février avec les mêmes décors et mêmes costumes qu’au Théâtre du Vaudeville mais dans une chorégraphie de Jean Börlin. En trois ans, la pièce sera représentée 280 fois. André Hellé remanie décors et costumes tout au long de cette période de représentations.

Créés en 1920 par Rolf de Maré (1888-1964), industriel et mécène suédois, les Ballets suédois (1920-1925) se présentent comme une compagnie de danse novatrice qui monte nombre de pièces très avant-gardistes. Ils s’associent aux artistes contemporains – poètes, musiciens, peintres… – tels que Jean Cocteau, Francis Picabia, Fernand Léger, Darius Milhaud, Eric Satie ou Cole Porter, parmi de nombreux autres. Jean Börlin est le chorégraphe unique de la compagnie installée au Théâtre des Champs-Élysées à Paris.

« Les Ballets suédois ont sauté à pieds joints par-dessus les lieux commun chorégraphiques. Ils s’en portent fort bien. Ils veulent du nouveau. Le Ballet moderne, c’est la Poésie, la Peinture, la Musique autant que la Danse. » Programme des Ballets suédois, théâtre des Champs-Elysées, novembre-décembre 1924

La pièce figurera au répertoire des Ballets suédois jusqu’au 27 décembre 1924 et sera donnée au total 280 fois. André Hellé remaniera décors et costumes tout au long de cette période de représentations.

1923

Lors d’une tournée aux États-Unis, un programme des Ballets consacre deux pages à « The Toy Shop », traduction anglaise de La Boîte à joujoux.

Un autre programme, Les ballets suédois de Rolf de Maré, 1920-1924, présente le décor imaginé et conçu par Hellé dans lequel on remarque la gestuelle pantomimique des danseurs et où l’on retrouve l’univers graphique de l’illustrateur. Le couvercle de la boîte à joujoux est entr’ouvert et s’en échappent les protagonistes de l’histoire pendant le premier tableau.

A Paris, le 12 novembre, l’Opéra-Comique crée une autre version de La Boîte à joujoux, sous la direction d’Albert Wolff, dans une chorégraphie de Louise Virard, avec les décors et costumes d’André Hellé.

1926

Hellé fait publier une nouvelle version de son ballet à partir de l’argument initial et sans partition musicale, sous la forme d’un livre pour enfants intitulé Histoire d’une boîte à joujoux. La structure narrative initiale demeure tout en étant développée. Les dessins intérieurs diffèrent également de ceux du livret adoptant un style plus heurté proche du croquis. Ce sont les ateliers Tolmer qui impriment et réalisent au pochoir la couverture de l’album.

Depuis

Une version de La Boîte à joujoux est réalisée en 1948 à l’Opéra-Comique à Paris, sous la direction de Richard Blareau, dans une chorégraphie de Robert Quinault et des décors et costumes de Félix Labisse. Cette pièce est représentée 59 fois jusqu’à la fin de l’année 1950.

La partition musicale de La Boîte à joujoux est régulièrement interprétée par différents ensembles orchestraux et a fait l’objet de plusieurs éditions de livres illustrés pour enfants.

Une exposition consacrée à Hellé, « Drôles de jouets : André Hellé ou l’art de l’enfance » s’est tenue du 18 octobre 2012 au 9 juin 2013 au musée du jouet de Poissy.

Histoire d’une boîte à joujoux d’André Hellé est réédité aux éditions MeMo en 2012.

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